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Les horoscopes : origines, diversité et positions religieuses

Les Horoscopes : Origines, Diversité et Positions Religieuses

En ce début d’année 2026, les horoscopes connaissent un regain de visibilité dans la presse, sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques. Ce retour en force d’une pratique ancienne invite à dépasser les jugements rapides pour en comprendre les racines historiques, la diversité culturelle et les positions contrastées des grandes traditions religieuses à son égard.

Horoscopes et astrologie : origines historiques et traditions culturelles

Origines et histoire des horoscopes


Les premières traces en Mésopotamie

L'astrologie trouve ses racines les plus anciennes en Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate. Les plus anciens horoscopes connus proviennent de Babylone et datent d'environ 410 avant notre ère, se présentant sous forme de tablettes d'argile attestant déjà de la division du zodiaque en douze signes portant le nom d'une constellation. Pour les Mésopotamiens, l'observation du ciel revêtait une dimension mystique fondamentale. Les astrologues étaient à la disposition du roi, dont le thème astrologique condensait le destin du pays, et seul le monarque avait le droit de connaître l'avenir. Cependant, contrairement à une vision fataliste, pour les Mésopotamiens, les astres étaient des signes et non des causes : il n'y avait pas de fatalité, car il était toujours possible de se concilier les dieux par des sacrifices en cas de mauvais présages.


À partir du IVème siècle avant notre ère, grâce aux conquêtes d'Alexandre le Grand, cette science se répand dans tout le monde grec et romain. L'apport grec fut décisif dans la structuration de l'astrologie. Au IIème siècle, la cité égyptienne d'Alexandrie était le pôle culturel le plus important de toute la Méditerranée, où se sont rencontrées les cultures grecques, égyptiennes et mésopotamiennes. En Égypte romaine, en 140, l'alexandrin Claude Ptolémée écrit la première synthèse magistrale de l'astrologie occidentale, le Tetrabiblos, posant les principes de l'astrologie occidentale. C'est à Ptolémée que l'on attribue la célèbre maxime : « Les astres inclinent mais n'obligent pas », qui représente bien toute la philosophie moderne de l'astrologie.


L'astrologie au Moyen Âge

Après avoir été rejetée par le christianisme naissant, l'astrologie connaît une renaissance au Moyen Âge. Réintroduite en Europe par les Arabes au cours du XIIème siècle, elle va occuper une place importante dans tout le monde chrétien, étant liée de manière indissociable à la quête spirituelle. Le savoir astrologique est enseigné à l'Université et de nombreux médecins tiennent compte des principes de l'astrologie dans le traitement de leurs patients. Les souverains, telle Catherine de Médicis, se font conseiller par des astrologues dont les plus réputés, Nostradamus ou Côme Ruggieri, portent le titre de médecins-astrologues.


En 1666, Colbert interdit son enseignement et le Siècle des Lumières la remet en cause partout en Europe, la reléguant au titre de superstition. L'astrologie perd alors son statut académique et scientifique. Cependant, la mode de l'horoscope, en tant que texte censé prédire la destinée du lecteur dans une période à venir, s'est développée à la fin du XIXème siècle. C'est après la Seconde Guerre mondiale que l'astrologie explose, la psychologie et l'astrologie se mélangent et s'intéressent à l'étude du monde intérieur de l'humain.


Astrologie et astronomie : deux disciplines distinctes


Il y a 5000 ans, l'être humain lisait le ciel sans même savoir l'écrire, et la distinction entre astronomie et astrologie était alors inexistante. La pratique de l'astrologie, qui remonte à la plus haute antiquité, est vraisemblablement née de la découverte par l'humanité d'une relation entre les saisons et le mouvement apparent des astres. Son origine se confond donc avec celle de l'astronomie. Les astronomes grecs de l'Antiquité faisaient déjà la différence entre astronomie et astrologie. Par exemple, Ptolémée traite d'astronomie et d'astrologie dans deux ouvrages distincts, respectivement l'Almageste et le Tetrabiblos.


L'astronomie se concentre sur la compréhension des propriétés physiques, des mouvements et des interactions des objets célestes, ainsi que de leur origine et évolution. L'astronomie se base sur des faits scientifiques alors que l'astrologie se contente d'idées figées et non vérifiables.


L'astrologie, quant à elle, se concentre sur la façon dont la position des corps célestes affecte la vie d'une personne. Elle utilise l'astronomie comme base pour expliquer l'impact des comportements astronomiques. Les astrologues transforment leurs explications en horoscopes et autres prédictions basées sur les signes du zodiaque individuels.


L'astronomie utilise la méthode scientifique : elle formule des hypothèses, réalise des expériences, observe, mesure et vérifie. L'astrologie, en revanche, n'est pas fondée sur des preuves empiriques.


La diversité des astrologies à travers le monde


L'astrologie occidentale, l'un des plus anciens systèmes astrologiques encore en usage, a son origine en Mésopotamie (du XIXe siècle au XVIIe siècle avant notre ère). Elle s'est propagée ensuite au monde hellénistique puis à la Rome antique, au monde arabe et finalement à l'Europe centrale et occidentale. L'astrologie occidentale se subdivise en trois branches : une forme individuelle qui s'intéresse au thème de naissance d'une personne, les horoscopes (une tradition héritée du Moyen Âge et remise au goût du jour par les magazines), et une forme événementielle censée prédire les grands événements ou l'évolution de la bourse.


L'astrologie chinoise est basée sur un cycle de douze ans. Chaque année est associée à un animal du zodiaque chinois. Les signes du zodiaque chinois sont déterminés par l'année de naissance de chaque individu, et chacun est associé à des traits de personnalité spécifiques. En plus des signes du zodiaque, l'astrologie chinoise prend également en compte les cinq éléments : le bois, le feu, la terre, le métal et l'eau, qui influencent les caractéristiques et les prédictions astrologiques.


L'astrologie indienne, également connue sous le nom d'astrologie védique, remonte à des milliers d'années. Elle est basée sur les Vedas, les textes sacrés de l'Inde ancienne. Les hindous pensent que l'astrologie est une connaissance divine révélée à l'homme par Brahma, dont le message aurait été révélé aux Rishis puis traduit en textes. L'astrologie védique utilise le concept des maisons astrologiques, qui représentent différents aspects de la vie d'une personne. Elle se concentre également sur les positions des planètes au moment de la naissance pour déterminer les prédictions astrologiques.


L'astrologie maya s'est développée, ainsi que le calendrier et l'astronomie des Mayas, à partir d'un désir de maîtriser les événements et le futur. Les Mayas concevaient un univers quadripartite avec une couleur spécifique pour chacun des points cardinaux, des plantes, des animaux et même des dieux pour nommer les étoiles ou constellations.


De nombreuses autres cultures ont développé leurs propres systèmes astrologiques, notamment les traditions égyptienne, celte, aztèque, tibétaine et africaine, chacune avec ses spécificités et symboles propres.


Les positions des religions monothéistes


Le judaïsme

Dans le judaïsme, la relation à l’astrologie a varié selon les époques et les écoles. La Torah interdit explicitement la consultation des devins et astrologues (Deutéronome 18:13). Toutefois, certains sages du Talmud ont reconnu à l’astrologie une forme de sagesse descriptive, tout en affirmant que le peuple d’Israël n’est pas soumis de manière déterministe au mazal, en raison de la prière et de l’observance des commandements.

Maïmonide, figure majeure du judaïsme médiéval, adopte une position radicalement critique, considérant l’astrologie comme une superstition incompatible avec la liberté humaine et la justice divine.


Le christianisme catholique romain

L'Église catholique maintient une position très ferme contre l'astrologie et la consultation des horoscopes. Le Catéchisme de l'Église catholique, au paragraphe 2116, stipule : « Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation des morts ou autres pratiques supposées à tort dévoiler l'avenir. La consultation des horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, l'interprétation des présages et des sorts, les phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le temps, sur l'histoire et finalement sur les hommes en même temps qu'un désir de se concilier les puissances cachées ». Cette position ne date pas d'aujourd'hui. Le premier Concile de Tolède, en l'an 400, l'avait déjà assise de manière tranchante : Si quelqu'un estime qu'on doit croire à l'astrologie, qu'il soit anathème.

Pour Albert le Grand et son disciple Saint Thomas d'Aquin, les événements terrestres sont commandés par les astres, mais pas le destin individuel de l'homme, qui peut toujours agir, sous l'empire de la raison, contre l'inclination produite par les corps célestes. En conséquence, ils distinguent deux astrologies : l'une permise (l'astrologie naturelle), l'autre interdite (l'astrologie judiciaire). Lors de ses vœux de nouvel an le premier janvier 2002, le pape Jean-Paul II s'est attaqué aux astrologues et aux voyants, rappelant que nos histoires ne sont pas écrites dans le ciel comme elles le seraient dans la pierre ou sur un programme informatique.


L'islam

Dans la tradition islamique majoritaire, l’astrologie fait l’objet d’un rejet doctrinal net. Les sources coraniques et prophétiques mettent en garde contre toute croyance attribuant aux astres une influence autonome sur le destin humain. De nombreux juristes musulmans classiques assimilent la pratique astrologique à une forme de divination, incompatible avec le principe du tawhid (unicité divine).

Les écoles juridiques distinguent toutefois l’astronomie, science de l’observation des astres, de l’astrologie divinatoire, cette dernière étant généralement considérée comme illicite. Ce rejet s’inscrit dans une volonté de préserver la responsabilité morale de l’individu et la souveraineté divine sur le cours des événements.


Conclusion


Les horoscopes constituent un objet culturel ancien, situé à la croisée de l’histoire, des croyances et des représentations humaines du monde. Si leur origine se confond avec celle de l’astronomie, leur séparation s’est opérée avec l’émergence de la méthode scientifique.

Les traditions religieuses adoptent à leur égard des positions contrastées, révélant des conceptions différentes du libre arbitre, du destin et de la relation entre l’homme et le cosmos. À l’heure où les horoscopes connaissent un regain de popularité, leur compréhension nécessite moins un jugement moral qu’une analyse historique, culturelle et doctrinale rigoureuse.


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Barbara Moullan pour ILETAIT1FOI.FR

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